Archives par étiquette : soignants

Comme la sédation jusqu’à la mort n’est pas « officiellement » de l’euthanasie, les soignants ne peuvent pas invoquer l’objection de conscience

Confrontée comme infirmière à la sédation terminale, paravent législatif de l’euthanasie, Odile Guinnepain a fondé « Nos mains ne tueront pas ».  Cette antenne d’écoute et de formation au sein de « Choisir la vie » est une réponse pour soutenir les soignants qui veulent soulager et non pas achever le malade. Elle explique dans L'Homme Nouveau :

"[…] La loi Claeys-Leonetti a provoqué le déclic. Cette loi « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie » (dont il est intéressant de souligner qu'elle ne concerne pas que les malades en fin de vie !) propose, dans son article 3, la sédation jusqu’à la mort sous certaines conditions. Par expérience, je pressentais alors que cela aboutirait à de nombreuses euthanasies déguisées. Mais comme, justement, il ne s’agit pas « officiellement » d’euthanasie, les soignants ne peuvent invoquer l’objection de conscience. Ce sont ces deux réalités qui ont généré l'idée de dire « non » et de le manifester. […]

Au début de ma carrière, j’ai moi-même été témoins d'actes d'avortement et d’euthanasie, j'ai donc quitté le lieu où je travaillais. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être responsable de l’organisation des soins palliatifs là où ou j’exerce. J’aide donc à développer des démarches palliatives dans le respect des personnes et nous n’avons pas à pratiquer de sédation terminale désordonnée car nous anticipons les problèmes, nous cherchons toujours à comprendre nos patients. J’ajoute que nous leur proposons le sacrement des malades qui les apaise d’une manière incroyable. En fait, comme le préconisent les soins palliatifs, nous avons

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Des soignants quittent leur travail parce qu’on les oblige à prescrire la pilule ou à participer à des avortements

Au lendemain de la Marche pour la Vie naissait une nouvelle antenne d’écoute : Nos mains ne tueront pas, dédiée au personnel soignant. Odile Guinnepain est infirmière en soins palliatifs et s’occupe de leur organisation en maison de retraite. C’est elle qui a lancé et dirige cette nouvelle plateforme d’écoute, rattachée à l’Association Choisir la Vie. Elle a été interrogée par Anne Isabeth dans Présent. Extrait :

8840-p3-flyer-2"Plusieurs choses m’ont montré la nécessité de créer une telle plateforme. J’entends ponctuellement, au gré des rencontres, des soignants – et particulièrement des sages-femmes et des infirmières – dire qu’elles quittent leur travail en raison d’un ras-le-bol, parce qu’on les oblige à prescrire la pilule ou à participer à des avortements. Elles disent n’être pas venues à cette profession pour cela. Il y a aussi beaucoup de questions autour de la sédation terminale, qui débouche sur la mort rapide du patient. J’ai eu récemment l’appel d’une infirmière à qui l’on a demandé de poser une sédation terminale sur une jeune femme, non parce qu’elle se trouvait en fin de vie mais parce qu’elle le demandait. Devant son refus, l’établissement a fait venir une équipe mobile de soins palliatifs qui a validé la décision et ordonné l’administration de cette sédation. L’infirmière en question m’a appelé pour savoir comment faire. Je lui ai donné des outils pour qu’elle puisse surveiller l’administration de la sédation et déterminer quand il y avait surdosage et éviter ainsi la mort. Tout s’est bien passé pour la patiente.

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Fin de vie : 11.000 soignants réclament une clause de conscience

Le Figaro  interroge le docteur François Bertin-Hugault, porte-parole de Convergence soignants-soignés, qui exprime les inquiétudes de certains médecins face au débat actuel au Sénat sur un nouveau droit à la «sédation profonde et continue». Une pétition de "Convergence soignants-soignés", membre  du mouvement Soulager mais pas tuer rassemble les signatures de onze mille médecins, infirmières, psychologues ou autres soignants, qui réclament une clause de conscience pour les professionnels de santé dans le cadre de la nouvelle loi sur la fin de vie.

"La loi Leonetti actuelle nous donnait un cadre large et de grands principes qui permettaient de nous adapter à chaque situation. Ce nouveau texte enferme dans un processus trop technique et trop précis. Vouloir mettre la médecine dans des cases, ce n'est pas de la médecine. Enfin, il existe un autre risque. Aujourd'hui, le système de la tarification à l'acte nous invite à faire les choses de plus en plus vite. Ne faudrait-il pas s'interroger sur le danger de voir la dimension économique pousser à l'utilisation la sédation en phase terminale pour réduire la fin de vie des malades?

Nous demandons une clause de conscience pour les soignants qui ne voudraient pas mettre en œuvre une sédation qu'ils jugeraient inadaptée. Nous ne voulons pas que l'on nous demande de tuer des malades! La limite entre «soulager jusqu'à la mort» et «donner la mort» était claire dans la loi de 2005. Cette proposition de loi floute cette limite. Dans certains cas, on se demande s'il ne s'agit pas d'accélérer la mort plutôt

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Euthanasie : appel des soignants pour une clause de conscience

La pétition, adressée par deux médecins hospitaliers à leurs confrères soignants, peut être signée ici :

"Chers confrères,

La proposition de loi « Fin de vie » doit être amendée pour empêcher toute forme d’euthanasie.

En tant que professionnels de santé, nous exprimons nos plus vives inquiétudes sur les dangers contenus dans la proposition de loi Claeys-Leonetti votée par l’Assemblée nationale en première lecture le 17 mars 2015.

La sédation en phase terminale visant à mettre fin à des douleurs réfractaires constitue un acte médical exceptionnel, mais légitime. Cependant, le « droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès », dans certaines des conditions prévues par ce texte, rend possible une euthanasie qui ne veut pas dire son nom, en liant obligatoirement sédation avec décès, alors que la sédation a pour but de soulager et d’apaiser dans un moment difficile. Par nature, elle est réversible, même si elle est susceptible d’accélérer le décès du patient selon le principe du double effet. Pratiquée à la suite de directives anticipées devenues contraignantes, elle deviendrait dans certains cas une réponse obligée à des demandes de suicide assisté.

Nous déclarons solennellement qu’il n’est pas dans la mission des professionnels de santé de « provoquer délibérément la mort » (cf. article 38 du Code de déontologie médicale).

L’interdit de tuer doit rester le fondement de la relation entre soignants et soignés, à la base du contrat de confiance qui nous lie aux personnes malades ou en fin de vie, en particulier les plus vulnérables

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