Archives par étiquette : l’objection

Comme la sédation jusqu’à la mort n’est pas « officiellement » de l’euthanasie, les soignants ne peuvent pas invoquer l’objection de conscience

Confrontée comme infirmière à la sédation terminale, paravent législatif de l’euthanasie, Odile Guinnepain a fondé « Nos mains ne tueront pas ».  Cette antenne d’écoute et de formation au sein de « Choisir la vie » est une réponse pour soutenir les soignants qui veulent soulager et non pas achever le malade. Elle explique dans L'Homme Nouveau :

"[…] La loi Claeys-Leonetti a provoqué le déclic. Cette loi « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie » (dont il est intéressant de souligner qu'elle ne concerne pas que les malades en fin de vie !) propose, dans son article 3, la sédation jusqu’à la mort sous certaines conditions. Par expérience, je pressentais alors que cela aboutirait à de nombreuses euthanasies déguisées. Mais comme, justement, il ne s’agit pas « officiellement » d’euthanasie, les soignants ne peuvent invoquer l’objection de conscience. Ce sont ces deux réalités qui ont généré l'idée de dire « non » et de le manifester. […]

Au début de ma carrière, j’ai moi-même été témoins d'actes d'avortement et d’euthanasie, j'ai donc quitté le lieu où je travaillais. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être responsable de l’organisation des soins palliatifs là où ou j’exerce. J’aide donc à développer des démarches palliatives dans le respect des personnes et nous n’avons pas à pratiquer de sédation terminale désordonnée car nous anticipons les problèmes, nous cherchons toujours à comprendre nos patients. J’ajoute que nous leur proposons le sacrement des malades qui les apaise d’une manière incroyable. En fait, comme le préconisent les soins palliatifs, nous avons

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L’ONU hostile à l’objection de conscience des médecins sur l’avortement

L’Italie fait l’objet d’un rapport négatif de la part du Comité des droits de l’homme de l’ONU chargé d’évaluer régulièrement chez les pays membres des Nations unies le degré de leur respect à l’égard de la Déclaration internationale des droits de l’homme. Elle est accusée de ne pas assurer convenablement l’accès à l’avortement en raison du « grand nombre de médecins » objecteurs de conscience.

Le rapport 2017 s’exprime comme si l’accès à l’avortement était un « droit », dès l’instant où il est légal. Dans son chapitre intitulé « interruption volontaire de grossesse », le rapport 2017 se dit inquiet des « difficultés » qui lui ont été signalées

« par rapport à l’accès à l’avortement légal en raison du grand nombre de médecins qui refusent de pratiquer des avortements pour des raisons de conscience, et de la manière de leur répartition dans le pays ».

L’agence onusienne s’aligne sur les revendications du Planning familial puisque le réseau européen de la Fédération internationale du Planning (IPPF EN) a ouvert les hostilités en 2012 en soumettant une plainte contre l’Italie au Comité européen des droits sociaux, invoquant là encore la difficulté d’accéder à l’avortement en raison du nombre élevé d’objecteurs de conscience, ce qui constituait selon lui une « violation du droit à la santé ». Le rapport enjoint donc à l’Italie de prendre des mesures pour que les femmes puissent accéder librement et effectivement à l’avortement. 

Allant encore plus loin dans la promotion de la culture de mort, le comité de l’ONU regrette que l’Italie ait légalisé l’union civile sans prévoir un droit

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Avortement : l’objection de conscience des médecins menacée ?

Images-2Une Italienne s’est vue refuser un avortement volontaire par vingt-trois hôpitaux différents en Italie. En Italie pas moins de 70 % des médecins se réclament de l'objection de conscience. Ce fait divers est l’occasion, pour les médias pro-avortement, d'exiger la reconnaissance de cet acte comme un droit fondamental et de supprimer par conséquent toute objection de conscience.

Parmi les raisons invoquées par les hôpitaux, le manque de place pour pratiquer cet avortement dans le délai de douze semaines prévu par la loi, ou pas assez de médecins prêts à pratiquer ce genre d’intervention. 

C’est en ayant recours à un syndicat italien, le CGIL, que la femme a obtenu gain de cause, parvenant à imposer l’opération à un hôpital qui le lui avait refusé auparavant.

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Comprendre l’objection de conscience

Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), membre du Panel d’experts de l’OSCE sur la liberté de religion ou de conviction, évoque dans La Nef l’objection de conscience. Extrait :

Unknown-24"[…] Quelles sont ces clefs de compréhension qui éclairent le plus la problématique de l’objection de conscience ?

Trois clefs m’ont permis de comprendre l’objection.

La première, soulignée par saint Thomas d’Aquin, réside dans la différence qui existe – et que l’on retrouve dans les Dix Commandements – entre les préceptes affirmatifs (ou positifs) et les préceptes négatifs, c’est-à-dire entre l’obligation positive de faire le bien, qui oblige semper sed non ad semper, et l’obligation négative de ne pas faire le mal, qui oblige semper et ad semper. Cette différence fait ressortir la dissymétrie entre le bien et le mal, puisque faire le bien est une question de proportion, tandis qu’éviter le mal est une question de principe. Il en résulte qu’il est plus grave de contraindre une personne à commettre un mal que de l’empêcher d’accomplir un bien, car obliger une personne à faire le mal n’affecte pas la réalisation de sa conviction, mais sa conviction elle-même. Un bien peut être réalisé partiellement, mais un mal est toujours total, même s’il peut être réduit.

Cette distinction permet de circonscrire l’objection de conscience à la seule situation où une personne est contrainte d’accomplir un acte qu’elle juge mauvais ou est sanctionnée en raison de son refus de l’accomplir. À l’inverse, le cas où les

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Des critères d’appréciation de l’objection de conscience

Grégor Puppinck publie un essai sur l'objection de conscience aux éditions du CNRS : L’Objection de conscience et les droits de l’homme. Il est interrogé par Zénit :

CVous venez de publier aux éditions du CNRS une étude approfondie sur l’objection de conscience. Pouvez-vous rappeler ce qu’est l’objection de conscience?

L’objection de conscience est toujours un refus, le refus opposé par une personne à l’exécution d’un ordre qu’elle juge incompatible avec une conviction formée par sa conscience à la lumière de la morale et, le cas échéant, de ses croyances religieuses. L’objection de conscience ne se limite donc pas au domaine du service militaire, mais peut s’opposer à toute action jugée contraire à la morale ou à une prescription religieuse. Sous l’angle des droits de l’homme, l’objection de conscience est une modalité d’exercice de la liberté de conscience. En effet, la liberté de conscience garantit, sous certaines conditions, à la fois la liberté positive de manifester ses convictions en agissant conformément à elles, mais aussi la liberté négative de ne pas être contraint d’agir contre ses convictions. Le régime juridique de la liberté positive de manifester ses convictions est bien connu, mais celui de la liberté négative de ne pas être contraint d’agir contre ses convictions est en revanche plus délicat et porte sur la question suivante : Dans quelle mesure est-il légitime de contraindre une personne à prendre part à une action incompatible avec ses convictions morales ou religieuses, ou de la sanctionner en raison de son refus de

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L’objection de la conscience est-elle le refuge de la lâcheté et de l’incompétence ?

Question provocatrice posée par Thibaud Collin, qui y répond :

"Il n’est pas rare que l’objecteur soit considéré par ses pairs comme quelqu’un qui, par confort intérieur, refuse de poser un acte auquel sa position le contraint. Ce refus a souvent une conséquence sur ses collaborateurs dans la mesure où ceux-ci doivent le remplacer pour que la tâche due soit remplie. Ainsi l’objecteur peut apparaître comme peu solidaire de son équipe en refusant d’assumer sa part des actes permettant à la dite équipe d’atteindre sa but. Y a-t-il dès lors un manque de professionnalisme chez l’objecteur ? N’est-il pas déterminé par une vision sélective de sa fonction incompatible avec son inscription dans la société telle qu’elle est ? Par exemple, un pharmacien refusant de délivrer une pilule abortive serait-il un mauvais pharmacien?  Question décisive puisqu’elle engage la conception de ce qu’est tel ou tel métier.

En effet, un bon professionnel est quelqu’un qui, dans sa pratique, se rend adéquat aux exigences inhérentes à sa profession. Est donc présupposée une détermination des finalités et des moyens propres à telle ou telle profession ; bref, ce qui se joue là est la définition même de tel métier. Or, par exemple, le médecin objecteur est celui qui considère précisément qu’il n’est pas dans la nature de son métier de tuer un être humain. Son objection ne le concerne donc pas seulement lui dans sa subjectivité mais engage l’objectivité de son métier ou de sa fonction. Son objection aura d’autant plus d’impact et d’exemplarité qu’il exercera de manière

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De l’objection prudentielle à une politique d’acceptation d’une d’immigration massive

Sur son blog, Bernard Antony explique pourquoi il n'apprécie guère la décision du pape François de ramener de Lesbos des immigrés musulmans :

"(…) Son geste consistant à ramener avec lui à Rome 12 quémandeurs d’asile, tous musulmans, s’inscrit évidemment dans sa « praxis », mot jusqu’ici du vocabulaire et de l’idéologie marxiste, signifiant que l’action est supérieure au Verbe. François l’a utilisé dans sa dernière exhortation post-synodale (…). À Lesbos il a voulu accomplir une action à haute portée significative allant en effet au-delà de ses appels et de sa pression politique sur les États européens et leurs institutions pour des mesures d’accueil sans limite et sans aucune discrimination de toutes les populations désireuses de s’installer en Europe.

Or, si les unes fuient la guerre, très nombreuses sont celles aussi qui migrent dans l’espoir de meilleures conditions de vie et de protection sociale. Mais le pape entend manifestement balayer toute objection prudentielle sur les déséquilibres et les nouvelles situations conflictuelles qu’entraîneront toujours plus des implantations massives de populations dont l’assimilation à la culture de ceux qui les reçoivent ne sera pas forcément la préoccupation essentielle.

On sait combien il traite avec impatience ceux qui lui parlent des dangers d’un tel processus pour le présent et l’avenir du bien commun des nations européennes. François d’évidence n’est pas dans la continuité des soucis de saint Jean-Paul II qui lançait son exhortation pressante : « Tenez à l’identité culturelle de vos nations comme à la prunelle de vos yeux !». Et qui, dans son

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ONU : le Rapporteur sur la liberté en faveur de l’objection de conscience face à l’avortement

RA l’occasion d'une conférence organisée par l'ECLJ au siège des Nations unies à Genève, le Professeur Heiner Bielefeldt, Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, s'est exprimé en faveur du droit du personnel médical de refuser de participer à un avortement ou à une euthanasie. Il a notamment cité le cas d'une sage-femme très lourdement condamnée en Suède pour avoir refusé de participer à un avortement et contrainte à « l'exil professionnel ».

Il estime que ce droit, fondé sur la liberté de conscience, doit bénéficier au personnel médical participant directement à l'acte en cause, dès lors que leur objection est fondée sur une conviction forte et profonde. Le Rapporteur spécial a indiqué que le doit à l’objection de conscience n’est pas seulement fondé sur le droit à la « liberté de conscience », mais aussi sur l’article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui reconnaît que tout être humain est « doué de raison et de conscience ».

Le Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction est un expert indépendant élu par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour défendre et promouvoir la liberté de religion ou de conviction dans le monde.

Les participants à cette conférence ont aussi souligné l’incohérence des pays qui reconnaissent aux médecins, sages-femmes et infirmières le droit à l’objection mais le refusent aux pharmaciens, car entre le médecin et le pharmacien, il n’y a qu’une

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8 mars à Genève : Le droit à l’objection de conscience

La conscience est propre à l'homme et source de justice. Quelle est la relation entre la loi et la conscience lorsque la loi impose des pratiques contraires à la justice et aux convictions morales ou religieuses d'une personne ? Quelle place y a-t-il pour la conscience personnelle et les croyances des minorités dans une société pluraliste gouvernée par le vote majoritaire ? Avec :

  • Prof. Dr. Heiner Bielefeldt, Rapporteur Spécial des Nations Unies pour la liberté de conscience et de religion
  • Dr Gregor Puppinck, Directeur de l'ECLJ.
  • Dr. Claire de La Hougue, avocate, chercheur associé à l'ECLJ.
  • Prof. Jean Pierre Schouppe, Professeur à l'Université pontificale de la Sainte Croix, Rome.

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