Archives par étiquette : fracture

Le divorce à droite épouse la fracture de la dénaturation du mariage

Selon Yves Thréard :

"Qu’il s’appelle Le Maire ou Kosciusko-Morizet, Riester ou Solère, les Républicains prêts à travailler aujourd’hui avec Emmanuel Macron étaient précisément ceux qui, en 2013, n’étaient pas hostiles au mariage pour tous. Edouard Philippe, le nouveau premier ministre, en tête. Et qui retrouve-t-on en face, chez ceux qui ont la dent la plus dure contre Macron ? Ceux qui s’étaient opposés au mariage gay, par opportunisme ou par conviction. Wauquiez, Accoyer, Copé, Ciotti et évidemment Retailleau, très proche, lui, du mouvement Sens commun. La fracture entre ces deux droites s’est creusée à cette époque. Elle a largement animé la primaire, entre ceux avec Fillon qui voulaient revenir sur le mariage pour tous et les autres. Aujourd’hui, elle débouche sur un quasi divorce à la faveur de la recomposition du paysage politique provoquée par Macron, et c’est logique.

Pourquoi n’est-ce pas surprenant ?

Parce que les uns sont libéraux, les autres, conservateurs. Ce sont les libéraux qui rejoignent Macron. Ils font des sujets économiques leur priorité, sont de plain-pied dans la révolution numérique et militent pour une Europe plus intégrée. Sans être libertaires sur les sujets de société, ce sont les enfants de 1968, ils sont jeunes et entendent vivre avec leur temps.

En face, les conservateurs mettent la défense des valeurs et de l’identité française au même niveau, voire plus haut, que les défis économiques à relever. Cette sensibilité est moins urbaine, moins mondialiste, plus ancrée dans les traditions. Elle adhère aux théories droitières de Patrick

Lire la suite de l'article

France : fracture générationnelle et incidence sur les votes en 2017

Fig6d
L’histoire (1), la géographie économique  (2) ont contribué à des analyses originales des votes pour le premier tour des présidentielles 2017. En complément à ces réflexions, nous rapportons ici une analyse sur des données de flux revenus sur les 60 dernières années (3).

Les «Trente Glorieuses», période faste de notre histoire nationale, s'effacent dans l'histoire… Devrait-on en faire définitivement notre deuil? Que cache le peu d'intérêt de nos élites au pouvoir, alors qu'une grande partie de la population se sent enlisée dans les "30 piteuses" qui ont suivit. Une étude nous révèle, fort à propos, combien les 30 dernières années (1983-2014) ont paradoxalement été exceptionnellement glorieuses pour une petite frange de la population française.

 

Si on se réfère à un travail de recherche publié récemment par des économistes français autour de T. Piketty ici en lien : Entre 1983 et 2014 le revenu moyen par adulte en France s’est accru de 35 % en termes réels (en enlevant l’effet de l’inflation). Cependant, -comme ça ne nous aura pas échappé-, cette croissance cumulée ne s’est pas répartie de la même manière sur les différentes parties de la population…

Le graphique ci-dessus, -certes un peu complexe à lire-, atteste de la disparité, on va le décrypter. Il rend compte de la courbe d’incidence de la croissance du revenu cumulé. 

  • On note pour la courbe verte, une trajectoire croissante impressionnante sur la partie supérieure de la distribution des revenues!
  • La croissance accumulée entre 1983 et 2014 est de 31% pour les

Lire la suite de l'article

L’Eglise et les migrants. Trois lignes de fracture

C'est le thème d'une conférence donnée sur ce thème par l'Abbé de Tanoüarn, et dont il propose une synthèse sur son blog. Extrait.

"L'Eglise s'est intéressé très tôt aux migrants. Elle a instauré chaque année une Journée des migrants. La première a eu lieu en 1914 sous Benoît XV. Il s'agissait déjà de protéger les arméniens chrétiens (mais non membres de l'Eglise catholique) des exactions islamistes. Plus tard en 1952, Pie XII promulgue une Exhortation apostolique importante Exsul Familia Nazarethana. La sainte Famille (fuyant les massacres d'Hérode à Bethléem et partant en Egypte) a été mise en position de migration, pour des raisons clairement politiques. Le statut du migrant (qu'il soit ou non un réfugié politique) est donc mis en valeur dès les premières pages de l'Evangile de Matthieu, affirme Pie XII, qui voit dans la fuite en Egypte "le type" de toutes les migrations. Ces migrations selon lui, lorsque elles se produisent sont un mal nécessaire qui doit être traité avec charité et aussi avec justice, car la justice générale nous explique que les biens terrestre ont été créés pour tous les hommes et qu'il ne serait pas juste que certains ne puissent absolument pas y avoir accès, même si l'inégalité des richesses est constitutive de chaque société humaine. La doctrine de Pie XII, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, est à la fois ouverte et conforme à l'enseignement scolastique traditionnel.

Sous Paul VI, le ton change. Son Motu proprio Migratorum cura est devenu lyrique :

"De cette

Lire la suite de l'article

Arabie Saoudite et Yémen, une fracture plurimillénaire

De Thomas Flichy de La Neuville, membre du Centre Roland Mousnier, Université de Paris IV – Sorbonne :

026032015091227000000CARTE-YEMEN"Le conflit yéménite actuel est généralement interprété comme une guerre par procuration entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Pourtant, les racines de cette opposition sont beaucoup plus anciennes et puisent dans une fracture plurimillénaire, interne à la péninsule arabique, entre la riche civilisation agricole des hauts plateaux yéménites et les espaces désertiques du nord, territoires des bédouins. Cette opposition frappa le voyageur allemand Carsten Niebuhr (1733-1815), qui écrivait en 1780 : « Entrecoupée par des déserts sablonneux et par de grandes chaînes de montagnes, l’Arabie présente d’un côté tout ce que la désolation a de plus affreux, et de l’autre tous les agréments des contrées les plus fertiles»[1]

Le Yémen, un haut-pays privilégié par les conditions naturelles

Le Yémen, qui se présente comme une région montagneuse de la zone aride, jouit d’un excellent climat en raison de l’altitude. Il bénéficie également  de sols volcaniques fertiles. Cette contrée est donc semblable à une île de verdure au milieu d’un océan de sable et de rocailles. Sur ses hauts plateaux, les conditions géographiques ont été admirablement exploitées au cours de l’histoire. Au VIe siècle avant J-C, l’Arabie du Sud avait atteint un haut degré de civilisation comme en témoignent son écriture et ses monuments. La population construisait des barrages et avait atteint un grand raffinement artistique dans la statuaire. Les habitants policés des royaumes du Sud avaient un genre de vie très différent

Lire la suite de l'article

Mariage : la loi Taubira a créé dans la société une fracture sociale

De Tony Anatrella dans Valeurs Actuelles :

"[…] La loi du “mariage pour tous” a créé dans la société une fracture sociale et une confusion psychique sur le sens du couple générationnel et de la filiation. Parler ici de “couples” de femmes, “d’épouses” et de “mères” montre que l’on ne sait plus de quoi l’on parle en attribuant à un duo de même sexe les caractéristiques empruntées par mimétisme au couple formé par un homme et une femme. Ces derniers étant les seuls à former un couple et une famille, même si la loi civile ose dire le contraire. L’un comme l’autre sont de structures différentes, et voler le vocabulaire de l’un pour l’adapter à l’autre est une duperie psychologique et sémantique. J’ai souvent repris la formule de Camus à ce sujet qui affirme que « mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ». La loi civile est ainsi un facteur de pathologies sociales qui nous conduisent à la violence.

En réalité nous assistons à une manigance qui consiste à valider l’idée que l’enfant peut se “faire” sans sexe, puisque deux personnes de même sexe en sont incapables. En effet, on ne conçoit un autre qu’avec un autre et non pas avec du même. Il faut donc forcer la réalité pour montrer qu’il y a d’autres voies possibles et qu’il revient à chacun, selon les concepts du genre, de se construire soi-même et d’inventer la famille. De cette façon, à l’image des tribus anciennes qui, faute

Lire la suite de l'article

La fracture de l’UMP face à l’UE

Guillaume Bernard décrypte les divergences sur l'UE au sein de l'UMP :

"La ligne de fracture entre fédéralistes et eurosceptiques (pour dire rapidement les choses) qui divise la droite sur la construction européenne passe effectivement au sein même de l'UMP. Le centre est européiste, la droite nationale est souverainiste, l'UMP est partagée entre ces deux tendances. Ce qui est vrai au sein des instances dirigeantes l'est encore plus dans l'électorat. Ce parti profite du discrédit de l'actuel Exécutif, mais il pourrait voir une part importante de son électorat soit s'abstenir parce que désapprouvant ses positions trop européistes, soit basculer vers le FN.

[…] Passent donc, au sein de la droite modérée, les clivages idéologiques fondamentaux qui transparaissent à travers trois principaux thèmes: l'identité nationale, la construction européenne et les mœurs. La fracture peut être résumée en une opposition entre une droite classique et une droite moderne : la première considère que les corps sociaux sont inscrits et que les valeurs sociales sont données par un ordre cosmologique des choses ; la seconde pense qu'il n'existe pas d'entité sociale ni de valeurs en dehors de la manifestation et de la rencontre de volontés.

Appliquée à la construction européenne, cette opposition conduit à distinguer ceux qui pensent que l'Europe est une entité historique ayant une civilisation commune mais avec des spécificités nationales à ceux qui considèrent qu'elle consiste en un espace neutre, plus ou moins vaste, fondé sur la mise en œuvre de principes juridiques. Le débat ne se situe

Lire la suite de l'article