La France sans défense ?

Comme cela n’aura échappé à personne, le premier gouvernement, Macron regnante, voit le ministère de la défense remplacé par le ministère des armées. On ignore encore les conséquences en terme d’organisation que produira ce changement d’appellation, mais dores et déjà se posent des questions relatives aux relations de subordination futures entre le Chef d’état-major des armées et le Président de la République, chef des armées, dans la planification et la conduite des opérations, et la place d’une ministre désormais en charge des seules armées.

De façon plus globale, et plus grave, cette évolution pose la question de l’avenir de la Défense de la France, et de la dévolution de l’ensemble des questions qui y ont trait au sein du gouvernement.

En soi, dans un pays qui serait guidé par une vision régalienne du Bien Commun, un tel changement de nom, non seulement ne serait pas une hérésie, mais serait une évolution positive s’il était accompagné d’une vision stratégique claire de la dimension interministérielle permanente de la défense nationale, et du rôle de direction, de commandement et de contrôle, au sens régalien du terme, attribué au premier ministre en la matière, dans l’esprit de l’Ordonnance de 1959, abrogée au début des années 2000. Rappelons au passage que le Premier ministre, selon les termes de l’article 21 de  la constitution de la Vè République, est « responsable de la défense nationale », et que l'appellation "nouvelle" avait cours jusqu'en 1974.

Or à ce stade de la communication gouvernementale, rien ne semble avoir été clairement établi à ce sujet, et compte tenu de l’orientation clairement uniopélâtre (de « union européenne » (raccourci introduit par Stratediplo, merci à lui, et idolâtre), il est fort à craindre que la notion et les principes mêmes d’une Défense nationale, précisément en raison de cette épithète, fasse l’objet d’une solution finale dans le grand tout fédéraliste, au terme d’un démantèlement entrepris depuis au moins deux décennies. Sur cette évolution, nous renvoyons nos lecteurs à la dernière analyse de Stratediplo.

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