C’est arrivé un 19 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 19 mai : fête de Saint-Yves, saint Patron de la Bretagne et des Hommes de Loi.

De Saint Yves, il ne reste que peu de sources étant donné que l'homme n'a pas laissé d'écrits et que peu de chroniqueurs de l'époque ont consacré leur plume à mettre sa vie par écrit. Il naît en plein XIIIe siècle aussi appelé « le Grand Siècle médiéval » ou « le beau XIIIe siècle ». Cette période est connaît un grand essor spirituel et culturel ; le Royaume de France jouit d'une impressionnante prospérité démographique et économique. En outre, la Réforme Grégorienne, a amélioré la formation du clergé. Hôpitaux, orphelinats, maisons pour les pauvres et hospices de lépreux se multiplient sous les impulsions royales et de l'Eglise. Des Universités se créent dans toute l'Europe à Paris, Salamanque, Naples. L'Inquisition créée en 1233 par Grégoire IX, adoucit la dureté de la justice civile. Les Ordres Mendiants, franciscains et dominicains, nés du Concile du Latran IV connaissent une grande expansion. La France se couvre de Cathédrales ainsi que toute l'Europe.

Yves Hélori de Kermartin naît en 1253 au Minihy, près de Tréguier, dans une famille de petite noblesse du nord de la Bretagne. Peu fortunés ses parents l'envoient faire ses études à Rennes, puis à la Sorbonne, où il suit le cursus traditionnel de Droit et de Théologie. De 1280 à 1284, Yves se trouve à Rennes. En 1284, il est appelé par l'Evêque de Tréguier à juger à l'Officialité du Trégor. Acceptant la charge, il vend le cheval offert par l'évêque et en donne l'argent aux pauvres. Ordonné prêtre, il se voit confier la paroisse de Tredez, puis celle de Louannec. Ces prêches étonnent parce qu'ils ne sont plus en latin, mais en breton. Il meurt épuisé en 1303, mais heureux, au Minihy, où il s'est retiré, à cinquante ans. Il est enterré à la Cathédrale de Tréguier et des guérisons miraculeuses ont lieu sur sa tombe, où des malades et des pèlerins affluent. Sa Sainteté a d'immenses répercussions dans le Duché de Bretagne. En 1347, en pleine Guerre de Succession entre Jean IV de Montfort et Charles de Blois, le pape Clément VI (voir ci-dessous) proclame Yves Saint et le déclare Patron des Hommes de Loi. Le Pardon de Saint Yves, qui a lieu tous les 19 mai, rassemble une foule impressionnante de pèlerins comme celui de Ste Anne d'Auray.

  • le 19 mai 715 : saint Grégoire II devient pape.
  • le 19 mai 1342 : Pierre Roger est intronisé pape sous le nom de Clément VI.

Pierre Roger, archevêque de Rouen et chancelier de France est élu pape, à l'unanimité, à la mort de Benoit XII, le 7 mai 1342. Grand théologien et doté d'une grande culture à la fois classique et sacrée, il est vite renommé comme prédicateur. Homme de goût et amoureux des arts, il attire les artistes, savants et hommes de lettres, il fait construire la plus belle partie du Palais des Papes. Mais tout ceci ruine le trésor pontifical. Son règne marque l'apogée de la papauté en Avignon. Il protège les Juifs, lors de la terrible épidémie de peste, en 1348 ; l'Europe entière les accuse d'en être la cause. Clément VI meurt le 6 décembre 1352.

  • le 19 mai 1364 : le Roi Charles V est sacré à la cathédrale de Reims.

Profondément pieux, le jeune Roi vénère particulièrement la Sainte Vierge. Charles, après son sacre à Reims, et voulant placer son règne sous la protection de Notre Dame, part pieds nus en pèlerinage à Chartres. Voir la chronique du 16 septembre.

  • le 19 mai 1521: siège de Pampelune.

Cette bataille a lieu entre les franco-béarno-navarrais qui assiège la ville et les Espagnols qui la défendent après l'avoir conquise en 1512. Le général Lesparre reconquière toute la Navarre au nom d'Henri d'Albret au début de la sixième guerre d'Italie.

C'est pendant ces combats que le jeune Ignace de Loyola se fait briser la jambe par un boulet français. La longue et douloureuse convalescence qui s'en suit le ramène à la Foi catholique et le pousse à devenir ermite. C'est ainsi que la sainte Vierge lui apparaît à Manrèse en Catalogne. De cette conversion vont sortir la Compagnie de Jésus et les Exercices spirituels. Voir la chronique du 31 juillet.

  • le 19 mai 1629 : siège de la ville de Privas.

Le siège de Privas commence le 14 mai et se finit le 28 mai suivant. Le 19 mai Richelieu rejoint le Roi. La ville est entièrement bouclée.

En septembre 1627, le duc Henri de Rohan s'est proclamé solidaire des Rochelais et, au cours d'une assemblée réunie à Uzès, est désigné "général" des forces protestantes du Midi. Il lève des troupes, passe à l'action en provoquant maints soulèvements. A cette rébellion, les hommes du Roi, commandés par le duc Henri de Montmorency, gouverneur du Languedoc, et le prince Henri 1er de Condé, opposent une dure répression, semant la terreur dans les campagnes et détruisant les récoltes. Quand ils ne sont pas pendus, les huguenots capturés sont envoyés aux galères.

Déchu en octobre 1627 de ses titres de pair et de duc, Rohan n'hésite pas à solliciter l'appui des Anglais. Après la reddition de La Rochelle, en octobre 1628, et la signature de la paix entre Louis XIII et le roi Charles 1er d'Angleterre, en avril de l'année suivante, il se tourne vers la très catholique Espagne, ennemie de la France. Le 3 mai 1629, il conclut un traité d'alliance avec le roi Philippe IV, qui lui verse la somme de quarante mille ducats d'or, en échange de places fortes françaises. Informé de cette trahison, Louis XIII est indigné et furieux. Il charge Richelieu d'élaborer un plan de campagne. Début mai 1629, le cardinal de Richelieu recevant des ambassadeurs vénitiens, leur explique comment lui et Louis XIII entendent en finir avec la rébellion protestante :

"J'espère et je suis sûr que d'ici peu, d'une manière ou d'une autre, nous viendrons bientôt à bout des protestants […]. Il faudra que toutes les fortifications des villes soient rasées, pour le reste ils trouveront dans le Roi la bénignité la plus grande, on leur laissera leurs biens, la liberté de conscience, leurs privilèges et d'autres encore, mais Sa Majesté veut qu'ils soient ses sujets, qu'ils n'aient pas le moyen d'en faire à leur tête, ni de se refuser à leur devoir. Il faut qu'ils entrent dans le devoir, soit par voie d'accord, soit par la force. Cette affaire terminée, nous serons tout prêts à examiner les possibilités et, en quatre ou cinq mois, je suis sûr que nous en sortirons".

L'armée royale attaque donc des places fortes protestantes, dont les principales sont Privas, Alès, Uzès, Nîmes, Castres et Montauban, en s'appliquant à les isoler les unes des autres. Ainsi, elles ne peuvent ni communiquer entre elles ni se porter mutuellement secours. Depuis Valence, le Roi, qui revient d'Italie, marche sur Privas, avec dix mille fantassins et six cents cavaliers. Cf. les chroniques du 6 et du 20 mars et celle du 28 mai sur la fin du siège.

  • le 19 mai 1635 : la France entre dans la Guerre de Trente Ans.

Après les défaites des alliés suédois, qu'elle soutient depuis plusieurs années, la France entre directement dans la guerre de Trente ans en s'attaquant à l'Espagne.

Richelieu s'est toujours tenu à l'écart du conflit tout en finançant les ennemis de l'empereur et du roi d'Espagne. Le 19 mai, le héraut d'armes de Louis XIII vient signifier à Bruxelles la déclaration de guerre au roi d'Espagne.

Après plusieurs défaites, la France reprend le dessus pour être dans le camp des vainqueurs en 1648, lors des traités de Westphalie.

  • le 19 mai 1643 : victoire de Rocroi.

Alors que la France porte le deuil de Louis XIII le Juste, l'Armée Espagnole du roi Philippe IV part des Pays-Bas et marche sur Paris par la vallée de l'Oise. Sur sa route se dresse la petite citadelle de Rocroi (près de Sedan). La Guerre de Trente Ans entre dans sa dernière phase, elle s'achève en 1648. Louis XIII a juste eu le temps de confier à son jeune cousin de 22 ans, Louis II de Bourbon Prince de Condé et Duc d'Enghien, une armée rassemblée dans l'urgence.

Les combats débutent le 18 mai. Condé n'engage que des escarmouches contre les Tercios, sans grands résultats. Le Prince sait que son infanterie est inférieure à celle des Tercios, c'est pour cela qu'il mise sur sa cavalerie pour emporter la décision. Cette dernière connaît un renouveau depuis l'Ordonnance de 1635 du Cardinal de Richelieu qui en a renforcé l'organisation et la discipline.

Le 19 mai les combats sont très violents. Après plusieurs assauts infructueux, Condé se lance dans un audacieux mouvement tournant, qui fixe les Tercios et leur interdit tous mouvements. L'artillerie royale achève le travail.

Les Français ont perdu beaucoup d'hommes, mais l'Armée Espagnole est décimée et laisse 8 000 morts. Rocroi marque ainsi la fin des Tercios espagnols dans les guerres européennes et le début de la suprématie militaire française en Europe.

Louis II de Bourbon Prince de Condé et Duc d'Enghien

  • le 19 mai 1769 : Clément XIV est élu pape.

A la mort de Clément XIII en 1769, l'Église est dans une situation difficile, attaquée de l'intérieur par le gallicanisme et le jansénisme, de l'extérieur par le fébronianisme et le rationalisme. La grande question est celle de la Compagnie de Jésus, que le précédent pape a su protéger et défendre contre les ignobles attaques des philosophes et de la maçonnerie. Paris, Madrid (cf.la chronique du 2 avril) et Parme ont déjà supprimé la Compagnie dans leurs états, le Portugal et le Vatican ont rompu leurs relations diplomatiques le 7 juillet 1760 à cause d'elle.

« Choiseul cherchait à Rome un Judas qui vendrait les Jésuites pour deux cent mille livres ! Il ne le trouva pas. […] Choiseul désespéra-t-il de le gagner à ses desseins et il n'attendit la suppression des Jésuites que de la violence ou de la mort du pape. »*

*Jean Guiraud Histoire partiale- Histoire vraie, Tome 4, chapitre 9, page 173

Jean Guiraud note que les assauts concertés des cours bourboniennes, qui à l'instar des Français occupent les états d'Avignon militairement et vont jusqu'à envisager le siège de Rome pour en affamer la population et faire céder le pape, ont raison du pape, qui meurt d'épuisement le 2 février 1769. Le nouveau pape n'a pas la force de caractère de son prédécesseur. Le 16 août 1773 il signe le bref Dominus ac Redemptor qui supprime la Compagnie de Jésus dans le monde entier. Il l'antidate au 21 juillet.

Après avoir signé il aurait dit : « Je me suis tranché la main droite ».

  • le 19 mai 1798 : départ de l'expédition d'Égypte.

Bonaparte quitte Toulon à la tête de 40 000 fantassins, 4 000 cavaliers, 300 artilleurs et 17 000 hommes d'équipage, au total plus de 400 navires prennent part à cette flotte. La flotte s'empare tout d'abord de Malte le 11 juin, puis débarque à Alexandrie le 1er juillet. Aucun des objectifs n'a été atteint :

  • la route des Indes, qu'on prétend couper à l'Angleterre, passe alors par le Cap ;
  • l'empire ottoman est l'allié traditionnel de la France : on le jette dans les bras des Anglais ;
  • on prive le pays de ses meilleures troupes au moment où la deuxième coalition se forme aux frontières.
  • on aurait pu prévoir la destruction de la flotte par Nelson, destruction qui rend par avance, inutiles les batailles que l'armée d'Orient remportera dans un pays coupé de toute communication avec la métropole.

En 1801, l'aventure s'est achevée sur la plus humiliante des capitulations et la fuite du chef qui abandonne ses troupes. C'est par la magie du verbe que Bonaparte transforme une campagne incertaine en épopée orientale, se comparant à Alexandre. Ce qui lui permet de devenir Premier consul.

  • le 19 mai 1802 : création de la Légion d'Honneur.

Le consul à vie Napoléon Bonaparte crée par décret l'ordre de la Légion d'honneur pour récompenser les actions civiles et militaires.

  • le 19 mai 1804 : Napoléon Ier rétablit la dignité de Maréchal de France et nomme les premiers maréchaux d'Empire.
  • le 19 mai 1871: la Commune fait une Déclaration au Peuple français.

Elle y expose son programme.

  • 19 et 20 mai 1944 : fin de la bataille du Monte Cassino.

Après la percée des troupes du général Juin, le Corps Expéditionnaire Français en Italie (CEF), la bataille s'achève. En effet, les troupes polonaises du 2ème corps du General Anders achèvent d'enlever l'Abbaye.  Les percées françaises de Monte Maio et la vallée de Liri, dont on ne peut nier le caractère héroïque, n'ont pas conclu la bataille, qui a été remportée par les Polonais.

  • le 19 mai 1968 : mai 68 suite …

A l'Elysée, aux responsables du maintien de l'ordre, De Gaulle donne l'ordre de "nettoyer la Sorbonne et l'Odéon séance tenante". Le ministre de l'intérieur Fouchet, soutenu par le préfet de police Grimaud, proteste car "il faudrait faire tirer. Il y aurait des morts". Le président cède et laisse agir Georges Pompidou.

  • le 19 mai 1974 : Giscard d'Estaing est élu président contre Mitterrand.
  • le 19 mai 1978 : Kolwezi.

Les parachutistes français de la légion étrangère sautent sur Kolwezi, ex-Zaïre pour libérer les otages occidentaux de la ville. Les premiers combats sont très violents. Le soir la ville est aux mains des Français. Mais le lendemain les rebelles contre attaquent.

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