C’est arrivé un 16 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 16 mai 1003 : élection du pape Jean XVII.
  • le 16 mai 1364 : bataille de Cocherel.

La bataille de Cocherel se déroule le 16 mai 1364, près d'Évreux. Elle oppose l'armée française aux ordres de Bertrand du Guesclin, et celle de Charles de Navarre commandée par le captal de Buch. Ce dernier fait le Blocus de Paris par l'ouest de la Seine. Il est appuyé par une armée anglo-gasconne de 6000 hommes, dépêchée par Édouard III d'Angleterre. Les Navarrais ont l'avantage du nombre et des positions (en hauteur).

La victoire de Cocherel est très importante pour le Royaume de France, à trois jours du sacre de Charles V le Sage. Elle permet au jeune Roi de marquer les esprits de ses sujets après le règne catastrophique de son père Jean II le Bon. Il va peu à peu reconquérir tous les territoires perdus. Défait, Charles le Mauvais est privé de ses possessions d'Île-de-France. Bertrand Du Guesclin bat Charles le Mauvais et ses alliés anglais ; il reçoit en récompense le comté de Longueville.

 

 

  • le 16 mai 1476 : le Roi Louis XI nomme Rohan maréchal de France.
  • le 16 mai 1605 : Camille Borghèse devient Paul V.

Voir la chronique du 28 janvier, où il est rappelé que Paul V fait appel aux nations européennes pour faire cesser les persécutions des chrétiens en Extrême Orient ; et qu'il fait achever la basilique Saint-Pierre de Rome. C'est sous son pontificat que sont condamnés les travaux de Galilée. Ce que l'on omet trop souvent de dire, c'est que ce dernier, tire des conclusions des travaux de Copernic (chanoine dont les recherches étaient aussi financées par l'Eglise) ; ces conclusions des observations astronomiques sont théologiques et politiques. Il est aussi reproché à Galilée d'utiliser les textes de la bible pour compenser les déficiences de sa démonstration scientifique. Ce ne sont pas les recherches, qui ont été condamnées, mais les erreurs théologiques et les fautes de raisonnements pas assez scientifiques. C'est d'ailleurs ce que rappelle très justement Jean Sévillia dans son livre : Historiquement incorrect.

  • le 15 mai 1703 : décès de Charles Perrault, conteur et homme de lettres français.

Membre de l'Académie française, auteur de textes religieux, chef de file des Modernes dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Charles Perrault est l'un des grands auteurs du XVIIe siècle. Il est aussi un important collaborateur de Colbert. L'essentiel de son travail consiste en la collecte et la retranscription de contes issus de la tradition orale française. Il est l'un des formalisateurs du genre littéraire écrit du conte merveilleux : Histoires ou Contes du temps passé, ou Les Contes de ma mère l'Oye qui contiennent les huit contes en prose suivants :

  • La Belle au bois dormant
  • Le Petit Chaperon rouge
  • La Barbe bleue
  • Le Maître chat ou le Chat botté
  • Les Fées
  • Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre
  • Riquet à la houppe
  • Le Petit Poucet

Les Contes de ma mère l'Oye, illustrée par Gustave Doré

  • le 16 mai 1770 : le Dauphin, futur Louis XVI épouse Marie-Antoinette d'Autriche.

Marie-Antoinette 1769-70

Marie-Antoinette est la quinzième et avant-dernière enfant de l'empereur François Ier et de l'Archiduchesse d'Autriche Marie-Thérèse, et leur plus jeune fille. Après la conclusion d'un traité de paix entre la France et l'Autriche, le mariage entre le Dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette est décidé. Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits et quitte Vienne et le 16 mai elle épouse le Dauphin à Versailles. Elle a 14 ans et Louis XVI, 15 ans.

  • le 16 mai 1795 : Traité de la Haye.

Le traité de La Haye met fin à la guerre entre la France et les Provinces-Unies. Les deux pays s'allient et la France place 25 000 soldats sur le sol batave afin de protéger le pays en cas d'attaque anglaise ou prussienne. En échange la république batave doit payer 100 millions de florins et céder Maastricht, Venlo et la Flandre zélandaise à la France.

  • le 16 mai 1811 : une armée anglo-hispano-portugaise bat l'armée française de Soult à La Albuera.
  • le 16 mai 1843 : le duc d'Aumale prend la smala d'Abd El-Kader.

Durant la conquête d'Algérie, le duc d'Aumale s'empare de la smala de l'émir Abd el-Kader. Il s'agit d'une véritable ville itinérante de 30 000 personnes, essentiellement composée de femmes, d'enfants et de serviteurs. Abd el-Kader passe au Maroc continuer la guerre contre les Français, mais il se rend en 1847.

  • le 16 mai 1920 : canonisation de Jeanne d'Arc.

Un ambassadeur extraordinaire a été désigné à Paris pour assister officiellement à la cérémonie du 16 mai, Mr. Gabriel Hanotaux, de l'Académie française, ancien ministre des Affaires étrangères. Plus de 20 000 Français avec à leur tête six cardinaux et soixante-neuf évêques de France, seize évêques missionnaires français et plus de six cents prêtres venus de tous les points du territoire, sont présents. Un descendant de Charles VII, S. A. R. Monseigneur le duc de Vendôme et son épouse sont présents; le cardinal Bégin, archevêque de Québec, avec deux archevêques, trois évêques, une vingtaine de prêtres, a traversé l'océan pour se joindre à la France et prier Jeanne d'Arc avec elle. Benoît XV reconnaît Jeanne d'Arc comme Sainte :

« En l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et pour l'accroissement de la religion chrétienne, par l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Nôtre; après une mûre délibération et ayant souvent imploré le secours divin, de l'avis de nos Vénérables Frères les cardinaux de la Sainte Église Romaine, les patriarches, archevêques et évêques présents dans la ville, Nous décrétons et définissons sainte et Nous inscrivons au catalogue des saints la bienheureuse Jeanne d'Arc, statuant que sa mémoire devra être célébrée tous les ans le 30 mai dans l'Église universelle. »

« O Seigneur tout-puissant qui, pour sauver la France, avez jadis parlé à Jeanne et, de votre voix même, lui avez indiqué le chemin à suivre pour faire cesser les maux dont sa patrie était accablée, parlez aussi aujourd'hui, non seulement aux Français qui sont ici réunis, mais encore à ceux qui ne sont ici présents qu'en esprit, disons mieux, à tous ceux qui ont à cœur le bien de la France. Parlez, Seigneur, et que votre parole soit la bénédiction qui soutienne les évêques, qui facilite aux autorités, dont Nous saluons ici les très dignes représentants, la tâche d'assurer la vraie grandeur de la patrie, qui persuade tout Français de la nécessité de suivre la voix de Dieu, afin qu'après avoir imité Jeanne d'Arc ici-bas, il soit donné à tous de participer un jour à la gloire de l'héroïne devant laquelle Nous avons enfin le bonheur de Nous incliner, en lui disant : Sainte Jeanne d'Arc, priez pour nous ! Sainte Jeanne d'Arc, priez pour votre patrie ! »

Le même jour, le pape reçoit au Vatican le général de Castelnau, avec les sénateurs et députés venus de France, ainsi que la famille de Jeanne d'Arc si pleine de gratitude envers Benoît XV. Ce dernier décède avant de pouvoir proclamer Sainte Jeanne d'Arc seconde patronne de la France. C'est Pie XI, son successeur qui le fait le 2 mars 1922. Il proclame l'Immaculée, sous le vocable de son Assomption, première patronne de notre pays, et sainte Jeanne d'Arc, l'illustre Pucelle d'Orléans, seconde patronne de la France.

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